Retour d'expérience sur le Paulownia

Retrouvez ici mes retours d’expérience sur le paulownia, le bon comme le mauvais.

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Préface

Nous entendons parler du Paulownia à toutes les sauces depuis plusieurs années, mais qu’est ce qu’est vraiment le Paulownia ? Un arbre magique comme disent certains ? exploitable en 5 ans ? pas besoin de l’arroser ? Invasif ?

Je m’appelle Léonard d’Aligny. Situé dans le sud du Cher (18),  je me suis lancé dans l’aventure en 2019 et ai passé un Bac Pro Agricole par la suite.

Alors que nous venions d’exploiter une parcelle de peuplier, mon père s’est mis à chercher d’autres essences de bois d’œuvre que nous pourrions planter et il est tombé sur le Paulownia.

Nous avons décidé de faire des tests en plantant environ 2000 arbres la première année. 

Nous n’étions pas du tout assez préparés et les résultats furent mitigés, voire décevants : nous avons eu d’excellents résultats correspondant à ce que nous pouvions voir sur internet avec certains sujets mais aussi des ratés … beaucoup de ratés !

De nature à vouloir comprendre le pourquoi du comment, j’ai décidé d’approfondir les choses, d’apprendre de mes erreurs et ai fait de nombreuses expérimentations en m’inspirant des modèles Chinois, Américains et … Européen. Parce que oui, le reste de l’Europe produit déjà du Paulownia.

Je me suis lancé dans une pépinière de production de pieds de paulownia afin de faire de l’auto-consommation pour mes propres plantations de bois d’oeuvre et agroforestière mais aussi afin de subvenir aux besoins des agriculteurs ou propriétaires ayant identifiés le Paulownia comme un enjeux agro-économique évident.

Je pourrais résumer ces années d’expériences en 3 points clés : sol, apports et irrigation.

Cela dit, si le mot irrigation vous pose déjà un souci, ce n’est pas certain que la culture du Paulownia soit faite pour vous.

Si vous êtes arrivé jusqu’ici c’est vous êtes à la recherche d’informations techniques et rationnelles concernant la culture et le cycle d’exploitation du Paulownia.

Je vous invite à découvrir mon retour d’expérience sur la culture de cet arbre passionnant le long des pages de ce site internet.

Étant dans le sud du Cher (18), je cherche à développer des partenariats autour du Paulownia à une échelle locale.

 

Un peu de tout (en cours)

Note au lecteur : cette partie est en cours de « rédaction », je ne sais pas encore si je fais ici une liste non exhaustive de tous mes retours ou si je les introduis sur les pages concernées du site au fur et à mesure …)

J’ai des terrains en bordure de rivière (non inondables). Sol sableux limoneux sur plusieurs mètres (2 à 10m) puis couche d’argile sur plus de 150mètres (oui, j’ai cherché de l’eau mais …).

J’ai remarqué que le système racinaire des paulownias s’était très bien mis en place dans le sable et que celui ci était descendu très vite en profondeur pour aller chercher « le ruisseau souterrain » coulant sur la nappe d’argile et remontant par capillarité en été.

J’ai également remarqué que la faim d’azote (oui, j’ai fait des bêtises au début) se faisait moins sentir (par un très léger reverdissement des feuilles) après de fortes pluies locales. J’en ai déduit que les paulownias récupéraient les nitrates disponibles dans l’eau suite à la lixiviation de ces derniers dans les parcelles agricoles voisines. (un tas de fumier proche, le sol alentour est très sableux, ….)

Sur ce terrain, avec un système racinaire bien implanté, certaines tiges ont fait 4m50 en quelques mois suite au coppicing. Fin aout le feuillage était globalement jaune urine, démontrant une sacrée faim d’azote. Ce que je retiendrais ici c’est que l’accès à l’eau est même prioritaire sur l’amendement. Imaginez donc la combinaison des 2.

A noter que les pieds plantés dans l’argile affleurante en surface ont pris correctement. Ceux dans la marne … absolument pas.

Suite à un fossé bouché (et de fortes pluies), une partie de la parcelle est devenue marécageuse et les pieds ayant pris racine dans cette zone ont tous finis asphyxié. Ceux en bordure, dans le sable, à quelques mètres n’ont pas été impactés.

 

Stérile ? Invasif ?

Je me permet une aparté concernant la stérilité et ce que j’en ai compris : ce n’est pas parce qu’un arbre est un hybride qu’il sera stérile. Vous retrouverez surtout les parents dans les graines.

Pour être sur de la stérilité d’un plan, il faut demander le RAPPORT DE CYTOMETRIE EN FLUX de la plante concernée (à l’heure actuelle, aucune pépinière française, quelque soit leurs origines de plan/discours commercial et marketing n’en fourni) :

  • mention du fluorochrome, tampon/buffer, méthode d’isolation des noyaux,
  • standard interne (espèce de référence et valeur) — recommandé par les bonnes pratiques, histogrammes + position des pics,
  • CV (coefficient de variation) du pic G0/G1 (qualité de mesure), nombre de noyaux analysés et répétitions.
  • Dans mon cas, je ne peux le fournir car je ne vends pas de plans « stériles ».

 

Si c’est le coté invasif de la plante qui pose problème, c’est très simple : NE PAS PLANTER en ville, espace très urbanisé, NI proche de bâtiments …. et encore moins si peu ou pas de profondeur de sol/de la tuyauterie en sous sol (l’évidence même me direz vous …. )

Vous n’aurez aucun problème en pleine nature/parc, etc …. à partir du moment où il n’y a pas de « zones mortes propices » comme expliqué ci-dessus.

Aucun rapport avec l’acacia, vous ne le retrouverez pas dans le champs du voisin à cause de l’invasion de son système racinaire.

Le paulownia sera invasif uniquement sous certaines conditions.

Cultivé/planté en pleine nature, aucun problème car les graines ne germineront pas à cause de la concurrence (herbacée et autre), de l’ombre faites par les végétaux existant, du manque d’irrigation (une jeune plantule issue de graine est très fragile), etc … L’INRAE fait des tests de cultures en milieu naturel depuis plusieurs année, rien à signaler.

Par contre, nous sommes d’accord qu’en centre ville, les graines auront tout le loisir de se trouver une fente, un peu de poussière/matière organique, de l’eau et de la chaleur et hop, un paulownia invasif dans le trottoir ou dans un mur. (cf Paris ou toutes les grandes villes dans lesquels les paysagistes plantes des paulownias depuis le début du siècle dernier, photos à venir).

Cependant nuancer qu’il y a quand même « un bon paquet de végétaux » qui sèment leurs grainent aux 4 vents depuis la nuit des temps.

 

Écologie du Paulownia

Découvrez ici des informations générales sur le Paulownia, ses exigences agro-écologiques, ses caractéristiques de croissance et des données techniques.

Itinéraire technique

Itinéraire technique

Comment bien cultiver ses Paulownias : la plantation, les étapes et le processus de croissance, les soins et gestion, l’optimisation du tronc.